Dès sa fondation en 2024, l’AFEN s’est dotée d’une charte éthique à laquelle adhèrent l’ensemble de ses membres. Cette charte vise à accompagner le développement de l’élimination du dioxyde de carbone dans un cadre exigeant et responsable.
« Nous avons voulu baser notre action sur le consensus scientifique et les grands textes régissant l’action climatique », souligne Julie Gosalvez, présidente de l’AFEN.
Cette charte s’articule autour de quatre piliers : Ambition, Science, Qualité et Responsabilité.

Une ambition forte, fondée sur l’engagement de la France à atteindre la neutralité carbone en 2050.
Réduire les émissions avant tout
« L’un des grands principes que nous expliquons toujours, c’est qu’une trajectoire net-zero responsable passe par une stratégie robuste de réduction rapide des émissions de GES comme préalable à l’utilisation de l’élimination du carbone. Il ne s’agit pas de choisir : les deux approches sont indispensables et complémentaires », explique Coline Roux, déléguée générale de l’AFEN.
Concrètement, l’élimination du carbone ne peut en aucun cas servir de permis d’émettre ou de substitut à la décarbonation active. Les deux leviers peuvent se renforcer mutuellement, mais l’un sans l’autre ne suffira pas à stabiliser le climat.
Alignement avec l’ambition de l’Accord de Paris
Dans le cadre de l’Accord de Paris, la France, via l’Union européenne, s’est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre d’au moins 55 % d’ici 2030 par rapport à 1990, avec un objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050. Ces objectifs servent de référence pour les trajectoires que les entreprises doivent intégrer dans leurs stratégies climatiques.

Une rigueur scientifique indispensable
L’élimination du carbone : un impératif scientifique
Le consensus scientifique est sans équivoque : sans recours à l’EDC, les objectifs climatiques ne peuvent être atteints.
Le dernier rapport de synthèse du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) sur le réchauffement planétaire de 1,5 °C indique que l’EDC est un complément incontournable de l’action climatique.
« Tous les scénarios mondiaux modélisés qui limitent le réchauffement à 1,5 °C ou à 2 °C (…) impliquent des réductions rapides des émissions dans tous les secteurs, ainsi que le recours à des méthodes d’élimination du dioxyde de carbone pour compenser les émissions résiduelles. »
Source : GIEC, Rapport AR6, 2022
Un outil clé dans l’atteinte de la neutralité carbone
Le rôle de l’EDC est de compenser les émissions véritablement incompressibles, aussi appelées émissions résiduelles.
L’élimination du carbon sert deux objectifs:
- Équilibrer les flux: neutraliser les émissions résiduelles incompressibles en 2050, une nécessité pour atteindre la neutralité carbone. A court terme, les entreprises peuvent d’ores et déjà neutraliser leurs émissions incompressibles en développant des solutions d’EDC directement au sein de leurs chaînes de valeur (insetting), ou via une contribution à des tiers (compensation volontaire), avec des éliminations équivalentes.
- Réduire les stocks: extraire le surplus de CO2 déjà présent dans l’atmosphère afin de maintenir l’élévation de température sous 1.5°C.
Un large éventail de méthodes basé sur la science
Toutes les solutions d’élimination du carbone qui contribuent à l’objectif global d’élimination permanente du carbone doivent être développées sans privilégier une technologie spécifique.
“Notre rôle est d’être agnostiques : nous pensons que la réussite repose sur le déploiement d’un mix diversifié de solutions. Notre spectre va ainsi des puits naturels basés sur la nature jusqu’aux puits technologiques dits « engineered » comme le DAC, en passant par le biochar, le BECCS, ou la minéralisation. Nous fédérons scientifiques, ingénieurs et universités pour faire avancer de concert cette diversité de solutions.” précise Coline Roux.

Les rencontres de l’EDC 2025 à Paris, organisées par l’AFEN, ont rassemblé scientifiques, ingénieurs, universités, investisseurs, entrepreneurs et de nombreuses sociétés du CAC 40.
Un focus sur la qualité et l’évaluation des projets
La qualité des projets d’EDC repose sur des critères exigeants, auxquels l’ensemble des projets soutenus par l’AFEN doivent se conformer :
Additionnalité : les projets doivent permettre une élimination du carbone qui n’aurait pas eu lieu en leur absence
Permanence : les solutions doivent viser une durée de stockage maximale, de plusieurs centaines à plusieurs milliers d’années selon les méthodes
Net négatif : les projets doivent aboutir à une réduction nette de la quantité de CO₂ dans l’atmosphère, sans double comptage
Mesurabilité, rapportage et vérifiabilité (MRV) : les méthodes utilisées doivent être scientifiquement robustes, transparentes et vérifiées par des tiers indépendants
Co-bénéfices : prise en compte de la valeur des co-bénéfices environnementaux, sociaux et économiques des projets EDC
Un secteur responsable
Transparence, développement durable, collaboration.
Le rôle de l’AFEN est aussi d’aligner le secteur de l’EDC autour de valeurs fondamentales :
- La transparence, avec un engagement à communiquer pleinement sur la nature des activités, leurs objectifs et les preuves scientifiques disponibles, y compris les risques identifiés
- L’inscription du développement durable au cœur des projets EDC, afin de générer un impact environnemental, social et économique positif
- Une approche collaborative entre acteurs de l’élimination du carbone, communauté scientifique et parties prenantes pour développer la filière à l’échelle requise et améliorer la compréhension du secteur
L’importance d’un cadre éthique rigoureux
Le développement de l’élimination du carbone s’inscrit dans un contexte où les questions et les débats sont nombreux dans le domaine du climat, alors même que l’action doit s’accélérer.
Dans ce cadre, l’exigence de transparence, de rigueur scientifique et de pédagogie est essentielle, à la fois pour accompagner le développement du secteur et en améliorer la compréhension.
La charte éthique de l’AFEN pose les bases pour structurer le développement du secteur, à travers une démarche fondée sur le consensus scientifique, les ambitions climatiques ratifiées par la France, une exigence élevée en matière de qualité des projets et une communication transparente.
Conclusion : un cadre commun, pour avancer ensemble
L’AFEN fait vivre sa charte éthique auprès de l’ensemble de ses partenaires, des entreprises du CAC 40 aux développeurs de projets et aux pouvoirs publics.
« Pour nos membres, qu’il s’agisse de NetZero, qui produit du biochar pour améliorer durablement les sols agricoles au Cameroun et au Brésil, ou de PRONOE, dont la technologie permet aux stations de traitement des eaux de capter le carbone tout en réduisant l’acidification des océans, cette exigence de responsabilité s’inscrit au cœur de leur développement », conclut Julie Gosalvez.
Pour en savoir plus :
Lire la charte AFEN dans son intégralité.
Consulter la fiche d’information AFEN sur l’EDC